On ne va pas se mentir : depuis un bon bout de temps, les productions Marvel commençaient sérieusement à lasser le public. Entre le surplus de contenus et les coupures de courant physiques ou morales, la lassitude s’était bien installée. Pourtant, la lumière est revenue petit à petit, d’abord avec un projet surprenant comme Wonder Man, et aujourd’hui, c’est la saison 2 de Daredevil: Born Again qui vient enfoncer le clou. On sent que Marvel Television commence enfin à remettre le niveau là où il doit être.
Après une première saison qui posait les bases, cette suite directe nous plonge immédiatement au cœur de l’action.
1. Moins d’avocat, plus de justicier
Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est le rythme. L’intrigue reprend pile au moment où Matt Murdock décide de monter une véritable armée de résistance face aux des lois anti-vigilantes de Wilson Fisk. Si tu espérais passer la moitié de la saison à suivre de longues plaidoiries au tribunal, tu vas être déçu : le costume d’avocat de Matt est clairement relégué à l’arrière-plan.
Toute la saison est focalisée sur les aventures nocturnes de Daredevil. Le Kingpin a beau essayer de faire profil bas, la mafia reste la mafia. Ses penchants criminels et ses réseaux ne disparaissent pas par magie, et la série excelle à nous montrer les coulisses de cet affrontement. On est là pour l’action, et on en a pour notre argent.
2. Un climax mémorable et de la vraie violence
Le véritable sommet de la saison tourne autour du plan machiavélique du Caïd pour piéger Karen Page. Pour l’en sortir, Matt Murdock doit faire un choix radical : il réapparaît en plein procès après une absence prolongée et commet l’irréparable pour les besoins de sa cause. Dans une scène qui rappelle instantanément le mythique “I am Iron Man” du tout premier film de Marvel, Matt révèle sa double identité au monde entier en prouvant publiquement qu’il est Daredevil. Un virement de situation monumental pour la suite du MCU.
Côté combats, j’avais une grosse appréhension. Évidemment, on n’atteint pas le niveau de violence brute et viscérale de l’époque Netflix, mais pour une production estampillée Disney+, le résultat est étonnamment violent. Les chorégraphies sont sèches et percutantes.
Le personnage de Bullseye (Poindexter) y est pour beaucoup. Il assume enfin pleinement son alter ego, assassinant sans l’ombre d’un remords. C’est l’un des tueurs de la saison 1, mais les scénaristes ont réussi à lui tisser un arc de rédemption super intéressant, jouant constamment sur le contraste avec un Daredevil toujours ancré dans sa foi catholique et sa logique de pardon perpétuel.
3. Quelques lenteurs, mais des connexions qui font plaisir
Tout n’est pas parfait pour autant. La série souffre parfois de moments de flottement assez inégaux. À certains épisodes, le rythme retombe et on a un peu de mal à voir où les scénaristes veulent nous emmener. Heureusement, l’écriture retombe toujours sur ses pattes à la fin.
Le grand kiff pour les vieux de la vieille, c’est de voir que Marvel reconnecte enfin les fils de l’univers Defenders. Sans trop en dévoiler, Jessica Jones fait une apparition très remarquée à l’écran, et de lourds indices laissent présager l’implication de Luke Cage dans la suite (et pourquoi pas d’Iron Fist, si l’on en croit certaines fuites de tournage qui circulent sur le net).
Le final remet les compteurs à zéro à Hell’s Kitchen grâce à un règlement de comptes mémorable entre Daredevil et Fisk. Une toute nouvelle direction se dessine : Matt Murdock finit par assumer ses actes et va en prison pour les “crimes” reprochés au autodidacte, tandis que le Caïd se retrouve exilé loin de New York. Une conclusion solide qui ouvre des perspectives inédites.
4. Mon verdict : 4 / 5
Malgré ses quelques irrégularités de parcours, cette deuxième saison de Daredevil: Born Again est une franche réussite qui fait un bien fou à notre catalogue de geek. Pour la tension, les combats et la prise de risque sur l’identité de Matt, je lui attribue une note bien méritée de 4 étoiles sur 5.
💡 Le Bonus de la semaine : Le Spécial Punisher
Si tu as dévoré la saison, ne coupe pas ton écran tout de suite. La semaine suivante, Marvel a sorti un épisode spécial centré sur le Punisher. C’est une sorte de suite spirituelle sans en être une directement.
On y suit Frank Castle après sa disparition à la fin de la saison 1. Il n’apparaît pas du tout dans la saison 2 de Daredevil, mais ce format spécial permet de voir ce qu’il devient en parallèle, au cœur d’un New York sous haute tension à cause . C’est ultra-violent, intense, centré sur ses démons intérieurs, et la bonne nouvelle c’est qu’on peut parfaitement le regarder de manière indépendante. Un excellent complément à l’univers de Hell’s Kitchen.
À la prochaine pour une nouvelle review sur le site !